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LA DERNIÈRE CRITIQUE PARUE

Par Benjamin François, producteur à France Musique
Critique parue dans les Dernières Nouvelles d'Alsace le 20 janvier 2007,
à propos du concert Johann Sebastian Bach, Parodies* du 18 janvier 2007 à Strasbourg.

Nouvelle génération baroque

La Chapelle rhénane de Benoît Haller a créé au Temple Neuf à Strasbourg un original programme, et d'une élégance et d'un raffinement inespérés, consacré à Jean-Sébastien Bach.

Obéissant comme un seul homme à l'exorde du motet pour double-choeur Fürchte dich nicht, ich bin bei dir (Ne crains pas, je te protège) de Jean-Sébastien Bach, les mélomanes strasbourgeois, bravant les dangereux aquilons qui menaçaient la région, ont répondu en masse, jeudi soir en l'église du Temple Neuf à Strasbourg, à l'invitation de l'ensemble baroque La Chapelle Rhénane et de son directeur musical, le ténor Benoît Haller.

Bien leur en a pris car ce concert exceptionnel, au profit de l'association Handicap International, donnait à entendre un magnifique florilège de « parodies » du Cantor de Leipzig. Outre le motet déjà cité, son illustre voisin au catalogue du Bachwerkeverzeichnis, le motet Komm, Jesu, komm (Viens, Jésus, viens) BWV 229, une cantate peu jouée Erhöhtes Fleisch und Blut (Exaltés, chair et sang) BWV 173, et la Messe luthérienne en La Majeur BWV 234.

En matière de parodies, on sait que Bach était passé maître dans l'art d'apprêter génialement les restes. Pour lui, réutilisation du matériau musical ne signifiait nullement fade réadaptation, mais stimulait sa faconde créatrice, l'obligeant à se surpasser continuellement afin d'honorer l'imparable commande dominicale.

Un ensemble qui respire au diapason des mêmes valeurs

Animés d'une foi communicative et proprement missionnaire, les musiciens de la Chapelle Rhénane ont offert une relecture rafraîchissante et ô combien émouvante de ce programme, mettant en valeur leur double culture franco-allemande. L'alternance d'ensembles à double-choeur d'une belle homogénéité, la conduite toute en souplesse de la ligne de chant, l'équilibre entre voix et accompagnement instrumental agrémenté d'une diction impeccable - tout cela sert à merveille motets, cantate et messe luthérienne.

On a la rare impression d'un ensemble qui enfin respire au diapason des mêmes valeurs sans être corseté dans les carrures bousculées imposées par un chef, généralement instrumentiste. Toujours attentive, la direction de Benoît Haller est celle d'un chanteur qui sait mettre en valeur vocalité et expressivité du texte. Elle sait se faire discrète, souple, caressante par endroits, nerveuse et pressante en d'autres. Son concept d'ensemble, à responsabilité partagée, est parfaitement illustré par la liberté laissée à chaque membre de la Chapelle Rhénane, partie prenante dans l'interprétation finale.

Pari réussi donc pour cette nouvelle génération d'interprètes, qui vient en outre de publier chez K617 un très bel album consacré au Magnificat d'Uppsala de Heinrich Schütz.




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EXTRAITS DE PRESSE

« Cette nouvelle réalisation {H. Schütz, Magnificat d’Uppsala et autres œuvres sacrées} sonne comme une consécration pour la Chapelle Rhénane, en passe de devenir une référence incontournable dans le retour au premier Baroque allemand. (…) Chaque mot se trouve impliqué, sanctifié, mais sans préjudice pour la souplesse d’une ligne de chant qui comblera d’aise les oreilles les plus critiques. » (Roger Tellart, Diapason, novembre 2006)

« Une certaine flamme céleste brûle en eux. Le charisme de Benoît Haller est permanent, il s’attache en particulier à l’expressivité du texte comme de la musique. Mais alors que les ensembles d’Outre-Rhin (…) ont tendance à appuyer le sprech, Haller et ses complices en gomment la raucité et nous chantent un hochdeutsch assoupli et presque caressant ». George Masson, Le Républicain Lorrain, 21.10.07


« L’évident premier atout de la Chapelle Rhénane est le rayonnement charismatique de son chef qui sait passer de la proclamation chaleureuse à la douceur persuasive, de la rude éloquence à la délicatesse de l’enlumineur. » (Dernières Nouvelles d’Alsace)



« Complicité est le premier mot qui vient à la plume quand on écrit sur la Chapelle Rhénane, formée de chanteurs, musiciens des deux rives du Rhin. Pendant un concert, ils se regardent, s’encouragent dans une connivence qui emballe le public. Benoît Haller et les siens donnent une lisibilité parfaite au rapport texte-musique et ouvrent cette musique à tous nos sens. » (Le Républicain Lorrain)



« Un ensemble de caractères bien trempés, rompus aux exigences du motet et du madrigal : souplesse, homogénéité, virtuosité, précision, engagement, enmenés par le ténor Benoît Haller. Un feu divin brûle en eux. » (Serge Gregory, Classica-Répertoire)



« Chaque mot se trouve impliqué, sanctifié, mais sans préjudice pour la souplesse d’une ligne de chant qui comblera d’aise les oreilles les plus critiques. » (Roger Tellart, Diapason)



« Benoît Haller saute à pieds joints dans cette pièce flamboyante et en extirpe des reliefs tout à fait saisissants. Les possibilités sont légion et il n’en néglige aucune. Les brumes du Nord sont balayées et laissent apparaître des tableaux brillants de soleil, cela éblouit et rassérène. » (L’Alsace)



« Les chanteurs évoluent dans une efficacité et une expressivité sublime. C’est limpide et d’une fraîcheur qui accorde plein de petits bonheurs. Benoît Haller met toute sa puissance au service d’un registre qu’il domine parfaitement. Schütz en sort grandi et revit grâce à la Chapelle Rhénane. Le public, lui, déguste ce moment de grâce inoubliable. » (L’Alsace)



« Les chanteuses et chanteurs de la Chapelle Rhénane ont conquis le public grâce à leur maîtrise stylistique et leur art du phrasé et de l’ornementation. Il est rare d’entendre des musiciens qui interprètent cette musique de manière si souveraine et naturelle. » (Mannheimer Morgen)