Prochain concert : Le Fils Prodigue

Le 19 novembre à 17h30, au Collège des Bernardins à Paris
Le 7 décembre à 20h, en l’Église Sainte-Aurélie à Strasbourg

Marc-Antoine Charpentier est certainement le compositeur français le plus intéressant de la période baroque ; tout comme Schütz, il tire l’essentiel de son inspiration de la nouvelle musique née en Italie au début du XVIIe siècle. À côté de ses innombrables et célèbres Lamentations et autres motets sacrés, on compte parmi ses compositions quelques Histoires Bibliques, sur le modèle du compositeur romain Giacomo Carissimi.

Le modèle italien conduit cependant à deux développements très différents en Allemagne et en France : Schütz réalise une fusion géniale de cette influence avec sa propre culture luthérienne, dans laquelle spiritualité, profondeur, proximité entre la musique et le texte atteignent un miraculeux sommet. Charpentier, quant à lui, baigne dans une tradition catholique et intègre des danses dans ses compositions ; perfection des sonorités et intensité harmonique constituent les buts ultimes de son art.

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Prochain concert : Händel et Vivaldi

Le 3 novembre à 20h, en l’Église Sainte-Aurélie à Strasbourg

Aux côtés de Johann Sebastian Bach, Georg Friedrich Händel personnifie de nos jours l’apogée de la musique baroque.

Né et formé en Saxe, installé quelques mois à Hambourg avant un séjour initiatique et itinérant de trois ans en Italie, revenu brièvement à Hanovre avant de s’établir définitivement en Angleterre, il réalisa dans son œuvre une synthèse magistrale des traditions musicales de l’Allemagne, de l’Italie, de la France et de l’Angleterre. Lors de son séjour italien, il compose les trois brillants motets de ce programme ; on lui suggère à cette occasion de se convertir au catholicisme, invitation qu’il décline avec politesse et fermeté.

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La Chapelle Rhénane vous souhaite un bel été en musique

Après deux concerts dédiés à la musique baroque allemande, un récital de Salomé et Benoît Haller intitulé « A Broken Consort » aux festivals de Froville et Sarrebourg les 9 et 10 juillet dernier, la Chapelle Rhénane vous invite pour le même programme :

En Alsace aussi, écoutez la Chapelle Rhénane dans le cadre des Jeudis Musicaux de Barr (67) le 28 juillet 2016 : Guillaume Humbrecht au violon, Sébastien Wonner au clavecin et Benoît Haller, ténor, y donneront des airs de cantates et des pièces instrumentales de Johann Sebastian Bach.

CRITIQUE DU CONCERT DU 18 JANVIER DERNIER À STRASBOURG

Entre Schütz et Buxtehude, il n’y a qu’un pas. Démonstration avec le ténor Benoît Haller et ses solistes de la Chapelle Rhénane dimanche passé en l’église strasbourgeoise du Bouclier.

Lorsque Heinrich Schütz écrit les Symphoniæ Sacræ , Dietrich Buxtehude n’est qu’un enfant. Un demi-siècle sépare les deux compositeurs allemands, porteurs tous deux d’un art accompli du motet basé sur une mise en musique des psaumes. Toutes en rupture, les pièces de Schütz présentent de courtes sections aux tempi changeants, alors que le discours continu de Buxtehude figure l’air de cantate de la fin du baroque.

Une interprétation habitée

Mais si les procédés d’écriture diffèrent quelque peu, Benoît Haller révèle de ses partitions leur proximité, avec leurs figures symboliques multipliées et les mélismes interminables qui mettent l’interprète à rude épreuve, mais aussi l’influence du style italien pour lequel la mélodie fait briller la musique. Il démontre sa technique – voix pénétrante et d’une rondeur égale sur l’ensemble de la tessiture, souplesse étonnante dans les passages vocalisés, et ce malgré un léger rhume – aussi bien que son incroyable générosité. Haller livre ici une interprétation habitée, et plus une encore profession de foi dominée par les sentiments de tendresse et d’humanité. Le directeur de La Chapelle Rhénane dispose d’un contre-chant superbement moelleux avec les deux dessus constitués par le cornet à bouquin de Marie Garnier – comme un contrepoint vocal féminin – et le violon allègre de Guillaume Humbrecht, dont on apprécie les ornements inimitables de trilles serrés et le phrasé ciselé. Et le jeune organiste Guillaume Nussbaum assure sur le positif une basse continue d’une remarquable précision.

L’émotion suit un crescendo avec les motets de Buxtehude, dont les sentiments s’affichent plus ouvertement, dont le splendide Quemadmodum desiderat cervus. Le quatuor livre sa plus bouleversante interprétation dans cette unique pièce en latin, dont le texte est lu préalablement et où tous les instruments s’imbriquent pour former une seule phrase sublime et enveloppante. La Chapelle Rhénane a dédié ce concert à un ami disparu comme tous les 18 janvier depuis une quinzaine d’années ; l’occasion de saluer la mémoire de Hans Michael Beuerle, pédagogue hors pair en matière de direction de chœur, décédé le 15 janvier dernier à Fribourg, avec lequel il a entretenu de solides liens professionnels et d’amitié.

Christian Wolff, Dernières Nouvelles d’Alsace, 23 janvier 2015

dna_critique_18.01.2015

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