A broken consort

Salomé et Benoît Haller ont chacun développé leur carrière de musiciens professionnels de manière fort différente : la première s’est produite sur les plus grandes scènes d’opéra d’Europe et avec les ensembles les plus célèbres du baroque français ; le second a développé sa carrière de chanteur outre Rhin tout en fondant son propre ensemble, la Chapelle Rhénane, qui compte aujourd’hui parmi les plus importants dans le riche paysage de la musique ancienne. Et pourtant, le frère et la sœur partagent une même passion pour la musique baroque allemande : de Schütz à Buxtehude, de Telemann à Bach, ils ont développé ce programme inédit pour le Festival d’Art Sacré de Saverne autour de l’idée du Broken Consort : leurs deux voix se mêlent à celles des instruments à vent, comme si ces derniers remplaçaient d’hypothétiques chanteurs, pour former un ensemble aussi fondu qu’un octuor à cordes, aussi expressif qu’un ensemble purement vocal.

Programme

Heinrich Schütz (1585-1672) • Ich weiss, dass mein Erlöser lebt
SWV 393 – Geistliche Chormusik (1648) – Motet à sept voix

Dietrich Buxtehude (1637-1707) • Liebster, meine Seele saget
BuxWV 70 – Motet pour deux voix, deux dessus et basse continue

Johann Sebastian Bach (1685-1750) • Sein Allmacht zu ergründen
Duo de la cantate BWV 128 « Auf Christi Himmelfahrt allein »

Heinrich Schütz • Erbarm dich mein, o Herre Gott
SWV 447 – Motet pour soprano, cinq instruments et basse continue

Dietrich Buxtehude • Herr, wenn ich nur dich hab
BuxWV 38 – Motet pour ténor, deux dessus et basse continue

Thomas Selle (1599-1663) • Herr, wo soll ich hingehen
Dialogue pour soprano, ténor, deux dessus et basse continue

Heinrich Schütz • Es steh Gott auf, dass seine Feinde
SWV 356 – Symphoniæ Sacræ II (1647) – Motet pour deux voix, deux dessus et basse continue

Johann Sebastian Bach • Seid wachsam, ihr heiligen Wächter
Duo de la cantate BWV 149 « Man singet mit Freuden vom Sieg »

Johann Christoph Bach (1642-1703) • Ach, dass ich Wassers gnug hätte
Lamento pour soprano, cinq instruments et basse continue

Johann Hermann Schein (1586-1630) • Uns ist ein Kind geboren
Motet pour ténor, quatre instruments et basse continue

Heinrich Schütz • Der Engel sprach zu den Hirten
SWV 395 – Geistliche Chormusik (1648) – Motet à sept voix

Johann Sebastian Bach • Ruft und fleht den Himmel an
Duo de la cantate BWV 63 « Christen, ätzet diesen Tag »

Heinrich Schütz • Verleih uns Frieden genädiglich – Gib unsern Fürsten
SWV 354 & 355 – Symphoniæ Sacræ II (1647) – Motet pour deux voix, deux dessus et basse continue

Distribution

Salomé Haller, soprano
Benoît Haller, ténor & direction

Clémence Schaming, violon
Liselotte Emery, cornets à bouquin & flûtes
Mélanie Flahaut, flûtes & bassons
Claire McIntyre, saqueboutes

Élodie Peudepièce, violone
Freddy Eichelberger, orgue

Concerts

14 novembre 2015, Strasbourg (67)
15 novembre 2015, Festival d’Arts Sacrés de Saverne (67)
9 juillet 2016, Festival de Froville (54)
10 juillet 2016, Festival de Sarrebourg (57)
20 juillet 2016, Gigny-sur-Suran (39)
23 août 2016, Festival Sinfonia en Périgord (24)

Membra Jesu Nostri

Dietrich Buxtehude

Dietrich Buxtehude est originaire du Holstein, région frontalière entre Allemagne et Danemark. Il reçut une sérieuse formation musicale de son père, qui fut pendant trente deux ans organiste à Helsingr (Elseneur). Il succède en 1668 à Franz Tunder, après la mort de celui-ci, comme organiste de la Marienkirche de Lübeck, l’un des postes les plus prestigieux de l’Allemagne du nord, et épouse sa fille. Il institua à partir de 1673 les concerts de l’Avent (« Abendmusiken ») qui établirent sa réputation de compositeur dans tout le pays, attirant les jeunes musiciens désireux de rencontrer le maître reconnu comme l’organiste le plus fabuleux de son temps ; Nikolaus Bruhns (l’un de ses élèves les plus doués), Haendel et Mattheson, puis Bach firent le voyage de Lübeck. La musique des Abendmusiken, qui mettait parfois en œuvre des effectifs importants de musiciens et chanteurs, est malheureusement presque intégralement perdue, tout comme une grande partie des cantates.

Buxtehude doit aujourd’hui l’essentiel de sa renommée à son œuvre d’orgue, la plus considérable de l’Allemagne du nord, qui annonce celle de Jean-Sébastien Bach et surpasse celle de tous ses contemporains. Elle se caractérise en dehors des chorals, par l’aspect complexe et grandiose de l’architecture, l’invention mélodique et rythmique et la richesse du contrepoint.

Miraculeusement préservé jusqu’à nos jours, le cycle de cantates « Membra Jesu Nostri » fut composé en 1680 et dédié à Gustav Düben, maître de chapelle du roi de Suède à Stockholm. Chaque cantate est introduite par un texte biblique auquel font suite des extrait du poème médiéval « Salve mundi salutare ». Chacune des sept parties du cycle est une évocation piétiste de l’une des partie du corps du Christ en croix : pieds, genoux, mains, flanc, poitrine, cœur et visage.

Né cinquante deux ans après Schütz et quarante huit ans avant Bach, Buxtehude incarne à merveille la transition entre le baroque allemand inspiré par les premières expérimentations italiennes de Monteverdi, et la synthèse de tous les styles européens opérée par la Cantor de Leipzig.

Programme

Cantate 1 : Ad pedes – Ecce super montes
Cantate 2 : Ad genua – Ad ubera portabimini
Cantate 3 : Ad manus – Quid sunt plagae istae
Cantate 4 : Ad latus – Surge amica mea
Cantate 5 : Ad pectus – Sicut modo geniti infantes
Cantate 6 : Ad cor – Vulnerasti cor meum
Cantate 7 : Ad faciem – Illusta faciem tuam

Distribution

Stéphanie Révidat & Salomé Haller, sopranos
Rolf Ehlers, haute-contre
Benoît Haller, ténor
Ekkehard Abele, baryton

Guillaume Humbrecht et Clémence Schaming, violons
Sarah van Oudenhove, viole de gambe
François Joubert-Caillet, viole de gambe et violone en sol
Élodie Peudepièce, violone en ré

Mélanie Flahaut, dulcian

Sébastien Wonner, orgue et clavecin
Thomas Boysen, théorbe
Marie Bournisien, harpe

Benoît Haller, direction

Concerts

23 août 2007, Festival de Sablé
28 octobre 2007, Festival de Ribeauvillé (avec la Maitrise des Garçons de Colmar, direction Arlette Steyer)
12 mars 2009, Auditorium de Poitiers

De Schütz à Bach

Ce florilège retrace 150 ans de création musicale en Allemagne baroque. De Schütz à Bach – les deux compositeurs de prédilection pour l’ensemble – en passant par Buxtehude, Telemann et Händel, le public s’enivrera de la richesse des émotions et des couleurs, des typicités de chaque compositeur, de la variété du message. Stéphanie Révidat, soprano et Benoît Haller, ténor, accompagnés de deux violons et de la basse continue, s’appliquent avec talent à dépeindre la profondeur de la relation entre texte et musique, et la spiritualité si caractéristiques de ce baroque allemand.

Programme

Heinrich Schütz (1585-1672) :
Es steh Gott auf (Sinfoniae Sacrae II)

Johann Christoph Bach (1642-1703) :
Ach dass ich Wassers gnug hätte (Lamento)

Dietrich Buxtehude (1637-1707) :
Also hat Gott die Welt geliebt (BuxWV 5)
Herr, wenn ich nur dich hab (BuxWV 38)

Johann Adam Reinken (1623-1722) :
Sonata Prima (Hortus Musicus)

Georg Philipp Telemann (1681-1767) :
Hier ist mein Herz, geliebter Jesu (TWV 1 :795)

Georg Friedrich Händel (1685-1759) :
Süße Stille, sanfte Quelle (HWV 205)
Meine Seele hört im Sehen (HWV 207)

Johann Sebastian Bach (1685-1750) :
Aria de la suite en ré (BWV 1068)
Ich lebe, meine Herze, zu deinem Ergötzen (BWV 145)
Du bereitest für mir einen Tisch (BWV 112)

Distribution

Stéphanie Révidat, soprano
Benoît Haller, ténor
Guillaume Humbrecht et Clémence Schaming, violons
François Joubert-Caillet, violes
Élodie Peudepièce, contrebasse
Sébastien Wonner, orgue

Concerts

18 janvier 2011, Strasbourg

King Arthur

Henry Purcell

« King Arthur ou le Valeureux Breton » est un semi-opéra composé en 1717 par Henri Purcell sur un livret de John Dryden. Dans une alternance de scènes théâtrales dramatiques et de tableaux musicaux évocateurs, l’œuvre raconte la rivalité entre les païens Saxons guidés par Oswald et les chrétiens bretons emmenés par le roi Arthur. Cette opposition se traduit par une guerre, mais surtout par des sortilèges mis en œuvre par des magiciens : Philidel – esprit de l’air -, et Merlin, du côté des Bretons ; Grimbald – esprit de la terre -, et Osmond, du côté des Saxons. La rivalité n’est cependant pas uniquement politique : elle a pour objet une femme, Emmeline, promise à Arthur, dont Oswald tente de s’emparer.

Ce cadre dramatique donne naissance à des tableaux musicaux distincts, tous évocateurs de sujets de société intemporels, lorsqu’ils ne vont pas jusqu’à rappeler l’actualité brûlante.

La Chapelle Rhénane s’ouvre pour la toute première fois au monde de l’opéra. Regroupant pour l’occasion 8 solistes vocaux de renommée internationale, 18 instrumentistes et la participation exceptionnelle d’Elsa Granat, comédienne, auteure et metteuse en scène, en tant que conteuse, l’ensemble vous invite à l’accompagner dans cette nouvelle aventure !

Programme

TABLEAU 1 • LE FANATISME RELIGIEUX ET SON RITE SACRIFICIEL
En préparation d’une bataille contre les Bretons, les Saxons pratiquent un culte à l’égard de leurs dieux,Wotan, Thor et Freya. Ce culte qui est censé attirer les faveurs des dieux pour la bataille à venir s’accompagne du sacrifice d’innocents. La cérémonie une fois accomplie dans la dévotion la plus pure, les Saxons célèbrent leur victoire à venir dans la luxure, l’alcool et la danse.

TABLEAU 2 • LA BATAILLE
La bataille est décrite du côté Breton.Très vite, l’ennemi est mis en déroute, et la bataille finit par ressembler à une démonstration de puissance et de cruauté : elle évoque la destruction massive des forces militaires, mais aussi la dévastation et la maltraitance des populations civiles.

TABLEAU 3 • LE PIÈGE DE GRIMBALD
L’esprit de la terre à la solde des Saxons tente de guider les Bretons vers un précipice en leur faisant croire qu’il les guide vers l’ennemi. Philidel est envoyé par Merlin pour tenter de déjouer la ruse. Les Bretons, désemparés, ne savent à quelle voix faire confiance, mais finissent par suivre Philidel.

TABLEAU 4 • SENSUALITÉ ET FIDÉLITÉ
Les bergers chantent un merveilleux hymne à la sensualité et à l’épicurisme. Leurs femmes leur répondent en les exhortant à signer des contrats de mariage, ce qu’ils font de bon cœur.

TABLEAU 5 • LE SORTILÈGE D’OSMOND À EMMELINE : HYMNE À L’AMOUR
Osmond transforme la scène en un paysage glacial. Cupidon apparaît et, par la puissance de l’amour, réchauffe le cœur du génie du froid et de tous les êtres frigorifiés.

TABLEAU 6 • LE SORTILÈGE D’OSMOND À ARTHUR : TENTATION DE LA DÉBAUCHE
Osmond fait apparaître deux sirènes près d’Arthur. Elles tentent de le séduire et de lui faire ainsi renier son amour pour Emmeline. Il résiste. Des nymphes et des sylvains le rejoignent. Ils chantent un hymne aux liens du mariage qui incarne l’amour véritable.

TABLEAU 7 • LA PAIX ET LA DÉRIVE NATIONALISTE
Pour sceller la paix et fêter l’union entre Emmeline et Arthur, une cérémonie en l’honneur de l’île de Grande Bretagne est organisée. Ses ressources naturelles y sont louées. La fête dégénère progressivement : chants nationalistes, militaristes, fanatiques et dégénérés. L’ambiance rappelle la première scène comme si tout n’était qu’un éternel recommencement.

Distribution

Elsa Granat, conteuse

Aurore Bucher et Salomé Haller, sopranos
François-Nicolas Geslot et Daniel Schreiber, hautes-contre
Jan Petryka et Jean Delescluse, ténors
Benoît Arnould et Ekkehard Abele, barytons

Nicolas Isabelle et Joël Lahens, trompettes
Johanne Maitre et Christophe Mazeaud, hautbois
Susanne Grützmacher, hautbois-taille
Mélanie Flahaut, basson
Guillaume Humbrecht, Gabriel Ferry et Rebecca Gormezano, premiers violons
Sophie Iwamura, Amandine Sigrist et Tiphaine Coquempot, seconds violons
Gilles Deliège et Géraldine Roux, altos
Patrick Langot, violoncelle
Rebeka Rusó, viole de gambe
Sébastien Wonner, clavecin
Marc Wolff, théorbe

Benoît Haller, direction

Concerts

11 février 2016, Strasbourg
12 février 2016, Théâtre des Gémeaux, Sceaux
13 février 2016, Théâtre des Gémeaux, Sceaux
14 février 2016, Théâtre des Gémeaux, Sceaux

Petite Messe Solenelle

Gioachino Rossini

Sur la page de garde de son manuscrit, Rossini tient à préciser, avec la maîtrise du français qui était la sienne : « Douze chanteurs des trois sexes, hommes, femmes et castrats seront suffisants pour son exécution, savoir huit pour les chœurs, quatre pour les solos, total douze chérubins. Bon Dieu, pardonne-moi le rapprochement suivant : douze aussi sont les apôtres dans le célèbre coup de mâchoire peint à fresque par Léonard, dit la Cène, qui le croirait. Il y a parmi tes disciples de ceux qui prennent des fausses notes ! Seigneur, rassure-toi, j’affirme qu’il n’y aura pas de Judas à mon déjeuner et que les miens chanteront juste et con amore tes louanges et cette petite composition qui est hélas ! le dernier péché mortel de ma vieillesse.»

L’inscription de la Petite Messe Solennelle de Rossini au projet artistique de la Chapelle Rhénane peut paraître plus étonnante. Et pourtant, écrite en 1863 alors que Rossini, compositeur d’opéras, était officiellement à la retraite depuis 34 ans, elle fait référence à plus d’un titre aux maîtres anciens : l’usage du contrepoint est omniprésent, comme dans les messes de Palestrina ; un hommage à Bach prend la forme d’un thème construit sur une variation des notes formant son nom ; l’humilité des effectifs nécessaires, 3 chanteurs par pupitre et deux instruments, reflète celle du compositeur qui adresse cette dédicace au Créateur : « Bon Dieu. La voilà terminée cette pauvre petite messe. Est- ce bien de la musique sacrée que je viens de faire ou de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opera buffa, tu le sais bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le Paradis ».

La Chapelle Rhénane, ensemble de solistes vocaux, ambitionne de donner à cette messe « différente » toute sa signification : en marge de la production scénique de Rossini mais influencée par elle, elle constitue à sa manière un hommage à l’esprit baroque, humaniste et universel.

Programme

1 – Kyrie eleison – chœur
2 – Gloria in excelsis Deo – solistes et chœur
3 – Gratias – trio pour contralto, ténor et basse
4 – Domine Deus – ténor solo
5 – Qui tollis – duo pour soprano et contralto
6 – Quoniam – basse solo
7 – Cum Sancto – chœur
8 – Credo – solistes et chœur
9 – Crucifixus – soprano solo
10 – Et resurrexit – solistes et chœur
11 – Prélude religieux – piano puis harmonium solo
12 – Sanctus – solistes et chœur
13 – O salutaris – soprano solo
14 – Agnus Dei – contralto et chœur

Distribution

Stéphanie Révidat, Andrea Brown & Aurore Bucher, sopranos
Barbara Ostertag, Anne Roubet & Kathrin Hildebrandt, altos
Andreas Weller, François Rougier & Michael Feyfar, ténors
Matthieu Lécroart, Ekkehard Abele & Dominik Wörner, barytons
Hans-Peter Müller, piano Sébastien Wonner, harmonium

Benoît Haller, direction

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