En bref
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Deux oratorios du Sagittaire
21 musiciens (10 chanteurs et 11 instrumentistes)
Le troisième disque de l'ensemble consacré à Schütz, couronné une nouvelle fois par un Diapason d'Or




Distribution (sous réserve)
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Tanya Aspelmeier et Salomé Haller, sopranos
Geneviève Kaemmerlen, mezzosoprano
Robert Getchell et Rolf Ehlers, haute-contres
Koen van Stade, Robert Morvai et Benoît Haller, ténors
Dominik Wörner et Benoît Arnould, basses
Rebeka Rusó, Sergio Alvarez, Barbara Leitherer, Jakob Rattinger, violes de gambe
Armin Bereuter et François Joubert-Caillet, violone en sol
Élodie Peudepièce, violone en ré
Thomas Boysen et Ulrik Larsen, théorbes
Marie Bournisien, harpe
Sébastien Wonner, orgue et clavecin




Calendrier
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13 juillet 2007 : Concert au Festival de Sarrebourg
14 au 18 juillet 2007 : Enregistrement CD pour K617, aux Dominicains de Guebwiller

12 octobre 2007 : Concert à l'Arsenal de Metz
13 octobre 2007 : Concert au Temple Neuf de Strasbourg
14 octobre 2007 : Concert à l'Abbaye de Royaumont

Après avoir consacré depuis quatre ans deux opus discographiques et de nombreux concerts aux motets de Heinrich Schütz, la Chapelle Rhénane aborde en 2007 deux grandes œuvres de l’emblématique compositeur de l’Allemagne du premier baroque : l’Histoire de la Résurrection et la Messe des Morts. Ces deux oratorios - au même titre que les Symphoniæ Sacræ - fascinent par leur géniale synthèse du nouveau style importé d’Italie avec l’esprit luthérien. Neuf chanteurs, cinq violes et une riche section de basse continue se mettront au service de ces deux chefs-d’œuvre.

Les « Musikalische Exequien » témoignent du contexte historique dans lequel vécut Schütz : la Guerre de Trente Ans, les épidémies de peste, les idéologies sanglantes ont rendu l’existence du compositeur « presque pénible », selon ses propres termes ; la mort, il l’a méditée longuement, il en a connu la douleur ; il l’a aimée aussi, parce qu’elle seule peut nous délivrer de ce monde. La première partie de la messe funèbre se présente comme une suite de versets extraits de la Bible et de cantiques, les premières strophes implorant la miséricorde divine constituant le Kyrie, les versets à la louange de Dieu tenant lieu de Gloria. La deuxième partie est constituée par le motet « Herr, wenn ich nur dich habe » pour double-chœur à quatre voix. Une troisième partie met en scène trois voix provenant du caveau et répondant au chœur principal : « Selig sind die Toten ».

L’ « Histoire de la Résurrection » peut être considérée comme le premier oratorio allemand ; la tension y est très forte entre archaïsme et modernisme. Ainsi, si la narration de l’évangéliste s’ancre pour de nombreuses syllabes sur le cinquième degré (recto tono), elle est par ailleurs soutenue par un accompagnement à quatre violes de gambe, procédé inouï jusque là. Les acteurs du drame (colloquenten) sont, eux, accompagnés par l’orgue ; on retrouve dans leurs passages les procédés rhétoriques typiques de la nouvelle musique italienne (madrigalismes, recherche de couleurs et d’émotion), mais ici aussi, un curieux archaïsme s’incruste : le personnage de Jésus, par exemple, est mis en musique par deux voix chantées ; celui de Marie-Madeleine par trois voix. L’Histoire de la Résurrection est un oratorio, sans pour autant chercher un réalisme descriptif ; en insérant cette part d’archaïsme, Schütz nous rappelle que sa démarche vise avant tout le message et non les faits qui sont à son origine. Au final, une œuvre illuminée, fidèle à l’esprit luthérien et au message de Pâques. 

Heinrich Schütz (1585-1672)
Musikalische Exequien • Histoire de la Résurrection


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