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Distribution (sous réserve)
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Tanya Aspelmeier et Aurore Bucher, sopranos
Rolf Ehlers, haute-contre
Michael Feyfar et Benoît Haller, ténors
Benoît Arnould, baryton
Guillaume Humbrecht et Clémence Schaming, violons
Élodie Peudepièce, violone en sol
Michele Zeoli, violone en ré
Marie Bournisien, harpe
Thomas Boysen, théorbe
Sébastien Wonner, orgue
S’il est un mot aux multiples facettes, alors celui-là. On peut en parler avec – ou sans – esprit, mais en écrire ! Alors, choisissons de faire simple, et reprenons au commencement.
Au commencement, quand la terre était déserte et vide, l’esprit de Dieu planait à la surface des eaux (Genèse 1,2). Le terme hébreu qu’on traduit ainsi se dit rouach, et veut dire tout simplement souffle, ou vent.
Dans une autre narration symbolique de ce temps originel, Dieu façonne l’homme avec de la poussière et lui insuffle l’haleine de vie (Genèse 2,7).
Un peu plus loin, en introduction au récit du Déluge, Dieu dit : « Mon souffle ne durera pas toujours en l’homme ; dans ses égarements, il n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. » (Genèse 6,3)
Inutile de poursuivre les citations : on voit déjà que l’esprit est puissance de vie, force vitale, bref : la vie même, dont la Bible ne cesse de montrer, dans son langage imagé, qu’elle est un don de Dieu. Son souffle-esprit anime chaque être vivant. S’il le retire, c’est la mort – comme d’ailleurs la médecine l’affirme depuis Hippocrate : l’arrêt respiratoire, confirmé par l’absence de buée sur le miroir placé devant la bouche, est synonyme de verdict fatal, comme on dit expirer, ou rendre l’esprit.
Dans le Nouveau Testament, l’esprit (saint) est annoncé par la prédication de Jean Baptiste (Marc 1,8 et parallèles) ; il entre en scène au moment du baptême de Jésus, sous la forme d’une colombe. Mais ce ne sera qu’après la résurrection du Christ qu’il viendra se poser sur chaque croyant, comme une langue de feu, avec le bruit d’un vent formidable, lors de la Pentecôte (Actes des Apôtres 2,1 et suivants). Jésus l’appelle le Consolateur, l’Avocat. C’est l’esprit de vérité qui pardonne – ou qui condamne. C’est lui qui crée une communion entre les croyants, qui deviennent alors l’Eglise, dont chacun est une pierre vivante.Mais n’allons pas croire que l’esprit est une notion réservée au monde biblique ! Nous le retrouvons dans le monde grec qui le désigne du mot pneuma, dont la racine est à la base d’une large famille de mots, qui en français notamment, sont parfaitement évocateurs. De même le latin spiritus – ancêtre de notre esprit – et l’allemand Geist : tous renvoient au sens premier de souffle.
En somme, l’esprit c’est le médiateur. Entre le haut et le bas, entre le divin et l’humain. Et c’est le grand inspirateur : n’est-ce pas lui qui fait parler les prophètes, qui fait écrire les écrivains, qui ouvre l’entendement des savants, qui fait aimer la sagesse aux philosophes, et qui rend captivant les orateurs ?
Ne nous étonnons donc pas qu’il ait tant inspiré les artistes : ceux-là seuls savent parler de l’indicible qui souffle si mystérieusement dans l’Esprit.
« Veni Sancte Spiritus » est une parfaite alliance de Petits Concerts Spirituels et de Symphonies Sacrées, où le souffle, le mouvement et la virtuosité sont à l'honneur. Les "Kleine geistliche Konzerte" expriment à merveille la profondeur lumineuse de l’œuvre de Heinrich Schütz, tandis que les "Sinfoniae Sacrae" célèbrent, grâce aux violons, avec brillance la paix de Westphalie et la fin de la Guerre de Trente Ans.