En bref
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Un compositeur à découvrir
Un programme primé au disque :
Diapason d'or, Choc du Monde de la Musique, 10 de Classica...
13 musiciens (5 chanteurs et 8 instrumentistes)




Programme
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Extraits du Theatrum Musicum
pour haute-contre, ténor et basse, quatre violes et basse continue

Lieder von dem Leyden und Tode Jesu
pour deux sopranos, quatre violes et basse continue

Dulcissime, amantissime
(Theatrum Musicum, n°1)
O tu vita felicissima
(Theatrum Musicum, n°2)
Ein Lämmlein geht und trägt die Schuld
(Lieder von dem Leyden, n°1)
O Wunderlieb, o Liebesmacht (Lieder von dem Leyden, n°2)
O felix jucunditas (Theatrum Musicum, n°7)
Da mihi, Domine Deus meus (Theatrum Musicum, n°8)
O süßes Lamm (Lieder von dem Leyden, n°3)
Erweit’re dich, mein Herzens Schrein (Lieder von dem Leyden, n°4)
O quam gloriosum est regnum (Theatrum Musicum, n°9)
O amor qui semper ardes (Theatrum Musicum, n°10)
Was schadet mir des Todes Gift ? (Lieder von dem Leyden, n°5)
O Traurigkeit, o Herzeleid (Lieder von dem Leyden, n°6)
Quis dabit capiti meo aquam (Theatrum Musicum, n°11)
Protector in te sperantium Deus (Theatrum Musicum, n°12)




Distribution (sous réserve)
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Barbara Ostertag et Tanya Aspelmeier, sopranos
Jean-François Lombard, haute-contre
Benoît Haller, ténor
Benoît Arnould, basse
Rebeka Ruso, Silvia Tecardi,
Barbara Leitherer, Jakob Rattinger violes
Armin Bereuter, violone
Andreas Arend, théorbe
Margret Köll, Harpe
Sébastien Wonner, orgue

La carrière de Capricornus est assez représentative des itinéraires des musiciens rhénans du XVIIe siècle : né le 21 décembre 1628 à Schertitz en Bohême et mort à Stuttgart le 10 novembre 1665, Capricornus est le fils d’un pasteur luthérien. Il a d’abord effectué des études au gymnase de Sopron (Ödenburg), puis a étudié la théologie. Ses études humanistes furent particulièrement solides, comme en témoignent ses écrits. En revanche, du fait de sa vie itinérante avant son premier établissement à Presbourg (Bratislava), nous ignorons presque tout de sa formation musicale. Un extraordinaire document rédigé de sa main montre que son immense érudition musicale était due au contact des œuvres plus qu’à la fréquentation assidue ou à l’enseignement d’un maître.

Durant ces années de formation, Capricornus a résidé quelque temps à Strasbourg, où il a cherché en vain à s’établir, puis, à partir de 1649, à Vienne. Il y entretint des relations avec Giovanni Valentini, maître de chapelle de la cour, l’un de ses modèles avoués. En 1650/51, il fut nommé cantor au Gymnase luthérien de Presbourg, puis Directeur de la musique à l’église de la Trinité. Musicien remarquable, il fut débarrassé de sa charge d’enseignement au bout de quelques mois. Capricornus pouvait puiser là dans une bibliothèque riche en œuvres italiennes. De plus, il disposait de larges effectifs instrumentaux et vocaux ; ses premières compositions (Opus musicum,1655) en sont une brillante illustration. Capricornus avait envoyé à Schütz cette première publication. Schütz lui avait répondu en des termes très élogieux : “Vos remarquables œuvres m’ont été transmises et ont fait ma délectation“. De même, Capricornus avait réussi à transmettre des œuvres de sa composition à Carissimi : ce dernier en fut si favorablement impressionné qu’il les fit jouer à Saint Apollinaire à Rome et qu’il demanda leur publication.

En 1657, il fut nommé Kapellmeister de la cour de Stuttgart, fonction bien plus prestigieuse qu’à Presbourg. Cependant, malmenée par les événements de la première moitié du XVIIe siècle, la chapelle avait été dissoute à plusieurs reprises et si d’importants efforts avaient été consentis depuis 1651 pour lui redonner son lustre d’antan, sa situation était encore bien précaire. Les moyens mis à sa disposition restèrent limités jusqu’à sa mort. Son exigence, la difficulté du travail quotidien et les intrigues furent à l’origine de querelles épuisantes. Des plaintes concernant l’indiscipline de ses musiciens, des échanges d’insultes (le compositeur accusant un cornettiste de jouer de son instrument “comme d’une corne de vache“), autant d’anecdotes qui ne sont pas sans rappeler celles qui, plus tard, ont émaillé la vie de J.S. Bach à Leipzig. Les mêmes ingrédients sont réunis : un compositeur de haute stature qui se faisait fort de tirer le meilleur parti des ressources limitées de son personnel musical et des exigences musicales dépassant l’esprit routinier de ses musiciens. Une santé précaire et des conditions de vie difficiles ont sans doute précipité sa mort précoce ; elle survint à l’âge de 36 ans.

Capricornus a été un compositeur très prolifique et, en raison de sa célébrité, a bénéficié de la sollicitude des éditeurs à partir de 1660. Il est même étonnant, dans le contexte du XVIIe siècle, de constater que de nombreuses œuvres ont été publiées après sa mort. Il fut celui qui, par son prestige personnel et la diffusion de ses œuvres plus que par la qualité de ses musiciens, sut redonner à la chapelle de Stuttgart son lustre perdu. Comme chez Schütz, la nature des œuvres publiées était dépendante des effectifs qu’il avait à sa disposition : à Presbourg, il avait composé les œuvres destinées à des effectifs importants ; à Stuttgart, ses compositions se contentent d’effectifs plus restreints. Mais ses œuvres gagnent en concentration et en expressivité ce qu’elles perdent en éclat. Les déploiements fastueux de sa jeunesse se muent en une écriture serrée et rigoureuse dans les pièces du Theatrum Musicum.

Les compositions les plus originales de Capricornus sont les Zwey Lieder von dem Leyden und Tode Jesu et celles du Theatrum Musicum. Les premières sont des sortes de leçons des ténèbres en langue allemande. Le dolorisme des textes de Paul Gerhardt y est traité « à la manière d’un concert à 2 voix et 4 violes ». La théâtralisation de la douleur y est atteinte avec une étonnante économie de moyens. L’œuvre, qui se divise en six parties, ne se départit jamais du climat d’adoration du drame qui s’y noue. Quant au recueil intitulé Theatrum Musicum, il est constitué de 12 scènes sacrées pour 3 voix (alto, ténor et basse), 4 violes et basse continue. Comme l’indique leur titre, ces pièces sont autant de poèmes sacrés théâtralisés. Leurs textes sont souvent des compilations de psaumes et suscitent des compositions d’un grand lyrisme dans lesquelles les effets rhétoriques donnent au compositeur des occasions de déployer une musique expressive du plus grand effet, malgré la modestie des effectifs. Le recueil du Theatrum Musicum est celui dans lequel Capricornus, peu avant sa mort, se rapproche le plus de l’art de Carissimi, prince des musiciens de notre siècle, selon les propres termes du compositeur.
Samuel Capricornus (1628-1665)
Theatrum Musicum
& Leçons de Ténèbres




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